Durant la période Edo au Japon (1603-1867), les voyageurs se servaient de lanternes pour éclairer leur chemin. Avec le temps, ces objets sont devenus bien plus que de simples sources de lumière : ils ont pris une place forte dans la culture japonaise, dans les temples, les sanctuaires, les jardins, les fêtes populaires et même dans l’imaginaire collectif. Si tu t’intéresses aux lanternes japonaises, tu te demandes sûrement à quoi elles servent, comment les distinguer et pourquoi elles restent si présentes aujourd’hui. Concrètement, elles racontent à la fois une histoire d’usage, d’esthétique et de transmission artisanale.
L’essentiel a retenir : Les lanternes japonaises viennent d’un usage pratique avant de devenir des objets symboliques et décoratifs.
- Les lanternes Edo servaient d’abord à éclairer les déplacements.
- Au Japon, elles sont encore liées aux temples, aux sanctuaires et aux rituels.
- Les quatre grands types sont Tōrō, Andon, Bonbori et Chōchin.
- La Chōchin est la lanterne japonaise la plus emblématique.
- L’akachōchin signale souvent un izakaya, un bar à saké.
- À Odawara, les Chōchin participent encore à une grande fête traditionnelle.
- Le savoir-faire des lanternes est aujourd’hui porté par quelques artisans seulement.
Les lanternes japonaises : origine, rôle et évolution
Dans les faits, la lanterne japonaise n’a pas toujours été un objet décoratif. À l’époque d’Edo, elle répondait à un besoin très concret : voir la route, se repérer la nuit et accompagner les déplacements. Ce que cela change pour toi, c’est que la lanterne japonaise ne doit pas être lue uniquement comme un objet “joli” ou traditionnel, mais comme un élément du quotidien qui a évolué avec la société japonaise.
Avec l’arrivée de l’éclairage moderne, son rôle utilitaire a diminué. Pourtant, elle n’a pas disparu. Au contraire, elle s’est chargée de sens : elle évoque les temples, les fêtes de quartier, les rues anciennes, les jardins zen et une certaine idée du Japon. C’est précisément pour cela qu’elle reste une image si forte du pays du soleil levant.
Les quatre principaux types de lanternes japonaises
Si tu essaies de t’y retrouver, le plus simple est de retenir que toutes les lanternes japonaises ne se ressemblent pas. Certaines sont faites pour durer, d’autres pour être légères et transportables, d’autres encore pour marquer un lieu ou signaler une activité. Voici les principales familles.
Tōrō
Tōrō désigne, au sens large, les lanternes japonaises. Dans la pratique, on les retrouve surtout en pierre, en bronze, en fer, en bois ou dans d’autres matériaux durables. Elles servent généralement à éclairer ou à mettre en valeur les temples, les sanctuaires et les jardins. Sur le terrain, elles jouent aussi un rôle esthétique très important : elles structurent l’espace et créent une atmosphère plus contemplative.
Andon
Andon est une lanterne dont l’ossature, en bois, en bambou ou en métal, est recouverte de papier. Ce papier protège la flamme du vent, ce qui est essentiel si tu imagines les usages d’autrefois. La lumière était obtenue par la combustion d’huile via une mèche en coton. En pratique, l’Andon illustre bien la logique japonaise : une solution simple, fonctionnelle et élégante à la fois.
Bonbori
Bonbori est une lanterne de forme hexagonale, fabriquée en papier. Elle peut se suspendre à un fil ou se poser sur un piquet. Elle est souvent associée aux ambiances festives, aux décorations saisonnières et aux espaces où l’on cherche une lumière douce plutôt qu’un éclairage puissant. Dans la majorité des cas, elle est choisie pour sa légèreté et son effet visuel chaleureux.
Chōchin
Chōchin est sans doute la lanterne japonaise la plus emblématique. Elle se reconnaît à sa structure en bambou en forme de spirale, recouverte de papier, et souvent décorée de calligraphies. Son grand avantage, très concret, est de pouvoir se replier sur elle-même dans le petit panier qui lui sert de fond. Le crochet fixé en haut permet de l’accrocher facilement, souvent à l’entrée des temples, des boutiques ou des lieux de passage.
Si tu vois une akachōchin, c’est-à-dire une lanterne rouge, elle signale généralement un izakaya, autrement dit un bar à saké dans les villes japonaises. C’est un excellent exemple de la manière dont une lanterne peut encore servir de repère visuel très lisible dans l’espace urbain.
Pourquoi les lanternes japonaises restent si présentes aujourd’hui
On constate souvent que les objets traditionnels survivent mieux lorsqu’ils gardent une fonction claire. C’est exactement le cas ici. Les lanternes japonaises sont encore utilisées dans les fêtes, les cérémonies, les lieux de culte et les mises en scène patrimoniales, parce qu’elles apportent quelque chose qu’un simple éclairage moderne ne remplace pas : une ambiance, une mémoire et une identité visuelle.
Dans ton cas, si tu cherches à comprendre le Japon au-delà des clichés, la lanterne est un bon point d’entrée. Elle montre comment un objet du quotidien peut devenir un symbole culturel puissant sans perdre totalement son usage d’origine.
Odawara, Hoshino Resorts KAI Hakone et la transmission du savoir-faire
Ce savoir-faire ne vit pas seulement dans les musées ou les livres. Il continue aussi à travers des événements et des lieux bien réels. Chaque année, à Odawara, dans la préfecture de Kanagawa près de Tokyo, les lanternes Chōchin sont utilisées pour illuminer le château lors d’une grande fête populaire. Concrètement, cela montre que la tradition n’est pas figée : elle se réinvente dans des contextes contemporains tout en restant fidèle à ses codes.
Dans le même esprit, Hoshino Resorts KAI Hakone illumine ses jardins durant tout l’été avec de superbes lanternes fabriquées par Isamu Yamazaki, l’un des rares artisans de la région à perpétuer encore aujourd’hui ce savoir-faire. Ce point est important : quand un artisan maîtrise encore ce type de fabrication, il ne produit pas seulement un objet, il transmet une technique, une esthétique et une mémoire locale.
Isamu Yamazaki est aussi l’auteur de la lanterne géante accrochée à la gare d’Odawara, un repère que l’on reconnaît dès l’arrivée dans la région. Ce genre de détail change beaucoup de choses : la lanterne n’est plus seulement décorative, elle devient un marqueur d’accueil, d’identité territoriale et de continuité culturelle.
Ce qu’il faut retenir si tu t’intéresses aux lanternes japonaises
Si tu rencontres ce sujet pour la première fois, retiens surtout ceci : une lanterne japonaise n’est jamais un simple objet lumineux. Elle peut signaler un lieu, accompagner une cérémonie, décorer un jardin, évoquer un quartier ou prolonger une tradition artisanale. Dans la pratique, c’est cette polyvalence qui explique sa longévité.
Si tu veux aller plus loin, observe toujours trois choses : le matériau, la forme et le contexte d’usage. C’est souvent suffisant pour comprendre à quoi sert une lanterne et pourquoi elle a été choisie. Et si tu visites le Japon, prends le temps de la regarder dans son environnement réel : temple, rue, festival, auberge ou jardin. C’est là qu’elle prend tout son sens.
FAQ
À quoi servaient les lanternes au Japon pendant la période Edo ?
Elles servaient d’abord à éclairer les voyageurs et les déplacements de nuit. Dans la vie quotidienne, elles apportaient une lumière pratique avant de devenir des objets culturels et décoratifs.
Quels sont les quatre principaux types de lanternes japonaises ?
Les quatre principaux types sont Tōrō, Andon, Bonbori et Chōchin. Chacun a une forme, un matériau et un usage un peu différents.
Quelle est la lanterne japonaise la plus emblématique ?
La Chōchin est la lanterne japonaise la plus emblématique. Elle est reconnaissable à sa structure en bambou spiralée et à son papier décoré de calligraphies.
Que signifie une akachōchin au Japon ?
Une akachōchin est une lanterne rouge qui signale souvent un izakaya. En pratique, elle indique un bar à saké ou un lieu de restauration convivial.
Pourquoi les lanternes japonaises sont-elles encore utilisées aujourd’hui ?
Elles sont encore utilisées pour leur valeur symbolique, festive et esthétique. Elles restent très présentes dans les temples, les fêtes traditionnelles et certains lieux touristiques ou culturels.

